Veronica Lake – Tueurs à Gages

 Une vedette Un film

Veronica Lake, par Martin Grams, Jr.

        Veronica Lake pourrait être à elle seule considérée comme un chef d’œuvre du cinéma. Ses performances dans « Tueurs à gages » ou encore « Le Dahlia Bleu », toutes deux aux côtés d’Alan Ladd étant aussi brillantes et limpides, que le blond envoûtant de sa cascade de cheveux.

            Représentant un des premiers archétypes de la « blonde fatale » présente dans les films noirs, Frank Tuttle expose dans « Tueurs à gages » (titre original : « This Gun For Hire », 1942) cette femme, qui pourrait résumer l’ambiance de ce chef- d’œuvre avec sa citation finale : « oh Michael my darling, hold me… » (« oh Michael, serre-moi fort… »). Née en 1922 à New-York, elle est repérée principalement par les mèches de sa coiffure singulière qui lui cachait l’œil droit (elle en influencera énormément la mode féminine). Sa renommée n’est plus à faire auprès des cinéphiles, tant elle représente à la fois l’origine et la quintessence du polar de l’âge d’or hollywoodien.

Veronica Lake, par doctormacro.com

         La recherche de ce bijou de suspense, aux sources du film noir, en vaut la peine. Adaptation lointaine de l’œuvre de l’écrivain anglais Graham Greene, elle inspirera directement « le Samouraï » en 1967, de Jean-Pierre Melville avec Alain Delon. Pour les poètes, c’est une œuvre grandiose, où Alan Ladd (dont la renommée explose avec ce film), qui apparaît comme le « méchant », est surtout émouvant en défendant ses amis félins. Avec une ironie tragique lors du dénouement où, acculé, tout semble contre lui sans aucune possibilité de rédemption. Un tueur sans émotions, physiquement et moralement, infirme ; reflétant le contexte du film, tourné en pleine Guerre Mondiale. Un premier assassin meurtri. Au visage d’ange.

L’affiche du film « Tueurs à gages » (1942), par cinefaniac.fr

         Néanmoins ignorée du grand (et jeune) public du XXIème siècle, une piqûre de rappel est salutaire. La disparition de Lake dans les bacs est principalement due à sa filmographie peu abondante de long-métrages amenés à traverser les décennies par leur importance. C’est ce facteur qui joue également, dans son absence au classement des 25 actrices emblématiques de l’American Film Institute (AFI) (prenant uniquement en compte celles qui ont débutées leur carrière avant 1950, aujourd’hui décédées). A tort…

            Ockelman, son nom initial, est remplacé par Lake (« lac » en anglais) pour ses yeux. Un des tout premiers bleus mythiques du cinéma.

Antoine Le Grix.

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