Tchaïkovsky – Le Lac des Cygnes

Une voix Un rêve

D’un ballet à un autre : quand l’Opéra National de Russie succède à la Scala de Milan.

    Certaines œuvres vous marquent plus que d’autres. Certaines œuvres, si bien imprégnées dans la culture populaire, sont trop souvent citées sans passion. Toutefois, parmi ceux qui connaissent la mélodie finale du Lac des Cygnes, qui saurait expliquer la tragédie qui se noue tout au long des quatre mouvements ?

         Le Lac des Cygnes est un ballet qui nous vient tout droit du compositeur russe Piotr Ilitch Tchaïkovsky. Romantique, celui-ci nous a notamment livré les lettres de noblesse du ballet ; à travers la Belle au Bois Dormant (1890) ou Casse-noisette (1892). Mais seize ans avant, Tchaïkovsky fait plus que cela : ballet incontournable et classique parmi les classiques, le Lac des Cygnes (1876) est LE symbole du ballet lui-même.

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Piotr Ilitch Tchaïkovsky

          Partant du récent exemple de novembre au Palais des Congrès, il convient de revenir sur une grandiose performance italienne, afin d’introduire son successeur dans les salles parisiennes.

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L’affiche du spectacle au Palais des Congrès du 13 au 15 novembre 2016

         La Scala (de Milan) –Teatro alla Scala en VO– est un des théâtres-phares de la ville italienne. Plusieurs opéras à la renommée internationale furent créés en son sein, comme le Nabucco (1842) et l’Otello (1887) de Giuseppe Verdi, en passant par le Turandot (1926) de Puccini. La Compagnie du Ballet du Teatro alla Scala, composée de plus de soixante danseurs, a offert six représentations lors de sa tournée à Paris de son Lac des Cygnes.

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Nicoletta Manni et Timofej Andrijashenko, interprètes d’Odette/Odile et de Siegfried, par © Teatro alla Scala

     Six moments où le temps se fige, où la raison et la réalité ne font place qu’à un tourbillon dans lequel le spectateur est emporté de la première à la dernière note. Comme dans l’histoire de Tchaïkovsky, la raison cède à la passion, et la réalité au rêve éveillé.

       Siegfried, tout jeune prince, fête sa majorité lors d’un bal. A son issue, il devra choisir sa fiancée. Lors d’une partie de chasse au bord d’un lac plus tard dans la nuit, il rencontre une jeune femme, Odette, qui lui explique avoir été transformée en cygne par un sorcier maléfique. Elle ne peut regagner forme humaine que quelques heures après minuit, avant de redevenir la reine des cygnes. Or, seul l’amour d’un homme qui n’avait jamais encore promis son cœur à autrui pourrait la libérer de son sortilège. Siegfried, amoureux, promet de la libérer. Au loin, le sorcier les surveille…

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Le Corbeau-sorcier veille, avec la Scala au Palais des Congrès… par © Teatro alla Scala

        Le lendemain à la cour, alors que se succèdent les prétendantes et les danses, le sorcier déguisé amène sa fille Odile pour conquérir le cœur du prince, celle-ci ayant pris l’apparence d’Odette. Siegried tombe dans le piège et déclame publiquement sa passion…

      Dans un Palais des Congrès uni à sa cause, le Lac des Cygnes ne pouvait rêver meilleurs interprètes. La grâce de Nicoletta Manni, Vittoria Valerio et Martina Arduino se succédait dans le rôle-titre, tandis que les pas aériens de son alter ego étaient joués par Timofej Andrijashenko, Claudio Coviello ou Nicola Del Freo selon les représentations. Nicoletta Manni, qui est entrée dans le corps de ballet de la compagnie en 2013, s’est vue offrir le titre de Principal de la Scala seulement trois ans après.

         La chorégraphie initiale de Marius Petipa et Lev Inanov, reprise par la Scala avec une mise en scène d’Alexeï Ratmansky, est bouleversante.

    Ce dernier conserve les fondamentaux : la dualité blanc/noir et les envolées fantastiques, lyriques ; développées sur la musique inimitable, profondément émotive, de Tchaïkovsky. Déjà attelé sur une précédente mise en scène de La Belle au Bois Dormant, Ratmansky fait éclater son talent en étant épaulé par de magnifiques décors et costumes signés Jérôme Kaplan.

       Les inspirations nous viennent tout droit du préraphaélisme (mouvement artistique anglais de la deuxième moitié du XIXe siècle, inspiré des peintures italiennes précédant l’artiste Raphaël) et le Moyen-Âge.

      Ces sources donnent lieu à un acte III qui est sans aucun doute, la mélodie finale du quatrième mouvement mise à part, la partie la plus virtuose de la pièce. Une danse espagnole, une tarentelle napolitaine, une csàrdàs hongroise et une mazurka polonaise, sont toutes autant de prétendantes qui se succèdent à la Cour pour séduire le prince, mais qui atteignent également notre cœur.

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Danses à la Cour, par © Teatro alla Scala

       Jamais le parc d’un château, la salle de bal ou surtout le bord d’un lac sous la pleine lune n’auront été si beaux. Ce dernier, lieu du deuxième et du quatrième tableau, offre un final époustouflant et des scènes d’une sensibilité poussée à son paroxysme ; lorsque sous la clarté lunaire, alors que le sort des deux amants se joue, les cygnes se courbent dans le climax d’une musique incontournable.

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Le Lac des Cygnes, acte final, par © Teatro alla Scala

        Ainsi, quand bien même les représentations du Teatro alla Scala au Palais des Congrès sont malheureusement terminées, ne manquez pas les prochaines jouées par l’Opéra National de Russie en formation ballet, de février à mai 2017 ! Une autre école, pour un autre ballet assurément magique.

      Cerise sur le gâteau : la troupe du Ballet de Saint-Pétersbourg fait également son retour au Palais des Sports, le dimanche 21 mai 2017. A vos portes-monnaies…

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Le Lac des Cygnes, à partir de février 2017

Antoine Le Grix.

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