Stewart Granger – Scaramouche

Une vedette Un film

Stewart Granger, par britmovie.co.uk

         « Je ne sais pas ce qui était le plus grand désastre : ma carrière ou mes épouses ». En résumant ainsi sa vie, Stewart Granger commettait là la première erreur de sa vie. Car le britannique, né à Londres en 1913 puis naturalisé américain, est une des œuvres majeures qu’à façonné l’industrie du cinéma et la MGM (la fameuse Metro-Goldwyn-Mayer au générique marqué par le célèbre rugissement du lion !). Un diamant brut, poli au cours des années. Une pierre précieuse pleine d’élégance et d’énergie. Il crève l’écran, émeut les spectateurs et se fend même de quelques piques, comparant certains hommes véreux du cinéma à des lutins envieux.

Stewart Granger et son défi de « Scaramouche » (1952), par toutlecine.com

            Mais ici, la pique provient littéralement d’une épée : « Scaramouche », film sortant en 1952, et réalisé par l’américain George Sidney. Spécialiste du film musical, il tourna également « Les Trois Mousquetaires« , en 1948 avec Gene Kelly et Lana Turner. Dans cette pièce maîtresse du film de capes et d’épées, Stewart Granger illumine : la lame du roturier, simple saltimbanque Scaramouche, s’affine au cours du film ; au service de la loyauté et de la liberté (mais également emplie fidèlement d’une vengeance personnelle), dans un contexte de Révolution Française. Bien que quelques détails comme l’autorisation des duels à l’épée soient anachroniques, cela n’enlève rien au charme du film.

Stewart Granger (à droite) qui fait la cour à Janet Leigh dans « Scaramouche » (1952), par toutlecine.com

          Appelé initialement James Stewart, il choisit son nouveau pseudonyme pour éviter toute confusion avec son homologue britannique, montagne sacrée des westerns ou encore des films hitchcockiens. Il fut le partenaire envié de Deborah Kerr, Vivien Leigh (« Autant en emporte le vent« , 1939), Elizabeth Taylor (« La Chatte sur un toit brûlant, 1958), Rita Hayworth, Ava Gardner, ou  tout autant d’illustres noms aux étoiles sur le Hollywood Walk of Fame. Dans « Scaramouche », Janet Leigh (« Psychose« , 1960) ainsi qu’Eleanor Parker composent le duo de femmes qui fera tourner la tête à Granger. Sous fond de duels et de résistance à l’oppression royale, de musique entraînante signée Victor Young, les voilà partis dans une aventure chevaleresque, où la galanterie, la noblesse, l’honneur et le courage seront aussi sollicités que remis en question. Avec le « marquis Noël de Maynes » joué par le très bon champion Mel Ferrer -la branche ennemie du héros essayant de réprimer les révolutionnaires-, les Royalistes ont trouvé leur compte.

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Le redoutable Marquis de Maynes, joué par Mel Ferrer, par sosmovies.com

         Janet Leigh n’a jamais été si éblouissante en Aline de Gavrillac de Bourbon, et Eleanor Parker (sublime en rousse !), malgré son second rôle, brille plus fort que les épées qui s’entrechoquent ; marquées par la fougue, le réalisme et les bottes imparables. Le duel final est, pour notre plus grand plaisir, le plus long de l’histoire du cinéma (sept minutes).

Duel final entre Granger (à droite) et Ferrer, par abretelibro.com

          Film de capes et d’épée donc, et d’aventure. Granger, qui en jouera un deuxième (« Le prisonnier de Zenda » de Richard Thorpe, en 1952, avec Deborah Kerr), fera une carrière bien remplie : citons par exemple « Les Contrebandiers de Moonfleet » (1955, de Fritz Lang), ou encore « La Dernière Chasse » (1956), aux côtés de la « grande gueule » et formidable Robert Taylor.

Stewart (à gauche), en pleine séduction avec Janet Leigh, par cinemelodic.blogspot.fr

       Au final, lui-même ne considérait pas sa filmographie comme particulière, n’en retirant aucun chef d’œuvre et préférant le théâtre. Bien en a fait au cinéma, avec ses prestations si fortes et si théâtrales, justement ; que l’on admire tant.

L’affiche du film « Scaramouche » (1952), par dvdclassik.com

Antoine Le Grix.

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