Leonardo DiCaprio – Gatsby le Magnifique

Une vedette Un film

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Leonardo DiCaprio, par premiere.fr

                C’est une évidence. On le sait, on le sent : Leonardo DiCaprio gagnera un jour l’Oscar du meilleur acteur. Nommé quatre fois dont trois dans la catégorie reine, Leo fait partie des rares qui, en quittant la cérémonie, peuvent n’arborer qu’une légère déception et se dire qu’ils reviendront l’année prochaine.

                Car la vie de ce tout nouveau quadragénaire, né à Los Angeles (ô douce ville du péché et de l’inspiration, d’où découle notamment le fabuleux film noir « L.A. Confidential » (1997), voir Rubrique Cinéma) est remplie de joyaux cinématographiques, et cela n’est pas prêt de s’arrêter. Un talent incontestable, une gueule d’ange, DiCaprio goûte à tous les genres. Sa grande carrière commence dès l’âge de 19 ans, avec une remarquable performance d’un enfant atteint du syndrome d’Asperger dans le film « Gilbert Grape » (1994) du suédois Lasse Hallström. Il en découlera une nomination aux Golden Globes et aux Oscars, et les prémisses du mythe.

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Un Leonardo DiCaprio remarquable aux côtés de la naissance d’un autre mythe, Johnny Depp (à droite), dans « Gilbert Grape » (1994), de Lasse Hallström, par smashinglists.com

                Baz Luhrmann lui offre sa confiance et le rôle de Roméo dans la fameuse tragédie shakespearienne (Roméo + Juliette, en 1996). James Cameron, lui, l’élève au rang de méga-star avec celui de Jack, un an après, dans une des histoires romantiques les plus connues du siècle : Titanic (1997). Après cette éclosion, la collaboration avec le réalisateur américain Martin Scorsese lui permet d’imposer définitivement son talent d’acteur (cinq films en commun).

                Nous pourrions parler de Gangs of New-York (2002), grande fresque historique du combat des émigrants irlandais à New-York, du biopic épique « Aviator » (2004)  retraçant la vie d’Howard Hughes, un des hommes les plus riches et les plus puissants des Etats-Unis (et qui a notamment côtoyé l’incontournable Katharine Hepburn), ou encore du policier « Les Infiltrés » (2006), avec à ses côtés Matt Damon, Jack Nicholson et Mark Wahlberg. Mais aussi du film émouvant et magnifique « Blood Diamond » (2006), sur l’histoire sanglante des diamants de sang en Sierra Leone, et de sa performance plus récente dans « Le Loup de Wall Street » (2013), valant à Scorsese son plus gros succès au box-office mondial. Néanmoins, nous allons plutôt commenter un film à part, dont l’histoire amoureuse peut à bien des égards surpasser celle qu’il joua à travers Jack et Roméo, n’en déplaise à eux.

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Leonardo DiCaprio à nouveau tête d’affiche dans « Le Loup de Wall Street » (2013), de Martin Scorsese, par allocine.fr

                C’est l’histoire fictive d’un homme outrageusement riche, dans les années 1920, à New-York. Tous les samedis soirs, il organise une fête ouverte à tous, dans un manoir décrit comme un « parc d’attractions », avec au programme mille et une chambres aux ambiances toutes différentes, toutes d’accès ; danses et musiques à gogo, piscine et feux d’artifices.

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« I’m Gatsby », dit-il, en se retournant, coupe de champagne à la main, alors que les feux d’artifices s’élèvent au même moment. On n’a pas fait beaucoup mieux comme présentation, depuis. Par cinema.jeuxactu.com

                Cet homme le fait dans un seul but : l’espoir de faire venir un jour sa bien-aimée à l’une de ses réceptions fantasmagoriques. Voilà le drame que vit Jay Gatsby… Issu de l’imagination de l’écrivain américain Francis Scott Fitzgerald en 1925, « Gatsby le Magnifique » (« The Great Gatsby », en VO) est un drame psychologique repris au cinéma à de nombreuses reprises.

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Affiche du film « Gatsby le Magnifique » (2013), de Baz Luhrmann, par allocine.fr

              La version de Jack Clayton en 1974 avec Robert Redford et Mia Farrow restera dans les annales.  Et la reprise de l’australien Baz Luhrmann, en 2013, n’a aucune prétention à vouloir le surpasser. Mettant en scène DiCaprio, celui-ci s’éloigne de l’omniprésence du caractère instable de Gatsby qu’incarnait à merveille Redford pour se concentrer davantage sur son histoire affective, et surtout, grâce aux prouesses de la numérisation, aux paysages infinis qu’offre une petite lumière verte de la jetée d’un lac. Son amour habite en face. Cette lumière est le témoin du fossé aquatique qui sépare les deux amants : il la regarde sans cesse depuis son château, situé de l’autre côté de la rive, mélancoliquement. Cette lumière, elle clignote ; autant que l’aura tantôt lumineuse, tantôt sombre du personnage.

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La lumière verte, symbole de son espoir, par cultivetajournee.wordpress.com

                Et l’on comprend douloureusement le drame, quand le passionné DiCaprio, après cinq ans sans avoir pu la voir, refait surface pour essayer de la conquérir. L’amour pur et absolu, contre la concernée enfantine et perdue, Daisy Buchanan ; interprétée par Carey Mulligan (également vue dans le « Drive » (2011) au tube planétaire du français Kavinsky, « Nightcall« ). La romance qu’ils vivent n’offre pas la même passion, la même force, des deux côtés. On la voit hésiter, elle n’est pas sûr de ses sentiments, mais Gatsby va tout mettre en œuvre pour arriver à ses fins. Son argent servant ce but, il a tout planifié, et essaye de parler à sa place tant ses projets doivent le servir. Son passé trouble faisant l’objet de nombreuses théories va toutefois refaire surface. Aveugle, il ne voit rien venir : « elle a le don de tout rendre splendide », dit-il…

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La belle Daisy Buchanan. Gatsby veut la perfection et effacer le passé, il oubliera le caractère imparfait de l’Humain, par meltyfashion.fr

                Tobey Maguire (notre indéboulonnable Spider-Man), joue ici Nick Carraway, le narrateur du film et l’un des seuls amis -véritables- de Gatsby, qui lui déclare qu’on « ne peut pas revivre le passé » ; l’argent n’y pourra rien. Non, on ne peut pas le revivre. Aussi, les détracteurs diront qu’ils auront peu ou prou perdu 143 minutes dans leur vie, mais les passionnés, eux, souhaiteront simplement les perdre à nouveau.

Antoine Le Grix.

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