Le cas du football bavarois

Cinq as dans la main

 RUMI-art

                Bonne année, avec plein de bonheur et de réussite façon Bayern ! Car oui, impossible de faire mieux que lui en 2013 : cinq titres en une année civile. Cinq coupes. Cinq breloques. En empilant les titres de cette manière, celui-ci ne prouve plus grand-chose ; mais nous, on sait : la valeur intrinsèque de cette équipe surpasse toutes les autres.

Le Bayern passe la cinquième, par kamnewssport.com

Le Bayern passe la cinquième, par kamnewssport.com

                A la façon d’un ancien Barça version 2008-2011, l’équipe du Bayern Munich est la septième équipe européenne à faire le triplé : Championnat-Ligue des Champions-Coupe nationale. Et la première équipe allemande. Ajoutons à cela la Supercoupe de l’UEFA et la Coupe du monde des clubs de la FIFA. Tout ça grâce à un effectif de malade et deux entraîneurs qui ont su faire fondre dans le paysage la passation de pouvoir.

                Avec son triplé, Jupp Heynckes peut partir à la retraite tranquille : comment faire « mieux » ? Et puis, son successeur n’est qu’un des meilleurs tacticiens au monde ; Pep Guardiola, entraîneur de Barcelone dans ses heures de gloire. Cette nouvelle saison 2013-2014, Pep remporte son premier titre majeur, contre le Raja Casablanca (qui joue chez lui, à Marrakech), sans forcer. Avec une évidente différence d’expérience, de jeu, et de talent, les munichois ont abattu un boulot minime : 2-0. Avec une équipe presque comme toujours remaniée, mais qui marche.

Pep a raison d’être content ! par theguardian.com

                Oui, la force du Bayern repose sur sa variété de jeu et de joueurs. Personne n’est titulaire assuré. En faisant constamment tourner l’effectif dans des matchs plus ou moins importants, avec le même résultat victorieux à chaque fois, la recette est toute trouvée. Plus de repos, mais aussi plus de tactiques et de schémas de jeu essayés. Si les buts sont gardés par l’immense Manuel Neuer, un des plus grands à son poste actuellement, tout change et affole les adversaires. La défense peut se reposer sur un des meilleurs latéraux du monde, Philipp Lahm (qui joue d’ailleurs ponctuellement comme milieu défensif central !), et les numéros complémentaires, Jérôme Boateng, David Alaba, Dante, Rafinha, Van Buyten, Badstuber… Déjà, ça a de la gueule ; pouvoir tourner entre autant de noms « bankables » en Europe est un luxe grandiose. Et on parle que des choix défensifs…

Lahm, meilleur latéral du monde ? par bleacherreport.com

                Les postes de milieux, qui tournent souvent avec l’attaque monstre des Bavarois, où permutent de nombreux joueurs, permettent d’aligner du Thiago Alcantara, Mario Götze, Javi Martinez, Toni Kroos, Thomas Müller, Bastian Schweinsteiger, Xherdan Shaqiri… L’attaque, elle, se joue entre autre avec Claudio Pizarro, Mario Mandzukic, et Arjen Robben. En évoquant déjà ces 18 noms, le choix d’un onze-type est bien difficile. Savoir gérer les egos de quelques stars qui aimeraient jouer chaque match est tout à l’honneur de l’entraîneur.

Le seul problème du Bayern : (presque) 23 titulaires... par bayern-munich-france.e-monsite.com

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                Qui pour les arrêter ? Manchester City. Mais il faudrait se transcender comme jamais, et plus que lors de la dernière rencontre de poule (3-2 pour les Citizens, mais sans conséquence pour le Bayern qui jouait sans pression, premiers quasi assurés de leur poule). Le Real Madrid. Cette saison, il a l’air de galérer, notamment en Liga. Mais toujours là dans le dernier carré européen… Dortmund. Comme l’année dernière, ils peuvent créer la surprise ; et ont bien embêtés en finale. Vainqueur de la Supercoupe d’Allemagne contre eux, justement, 4-2. A surveiller de près. Le PSG. Fort collectivement, à leur meilleur niveau, ils ont les moyens d’accrocher tout le monde. Le Barça ? Mais non, celui de cette saison galère encore plus que l’année dernière. Oui oui, l’année dernière, où le Bayern lui a collé un 3-0 au Camp Nou et un 4-0 chez eux. Sept buts marqués, aucun encaissés, contre le champion européen 2008, 2009 et 2011. Balèze.

Coreografia-Borussia-Malaga

Le tifosi de l’équipe est à l’image du Borussia, il vous observe et vous retourne le moment venu. Bête noire (jaune) du Bayern… par calciomercato.napoli.it

                   En axant cette saison sur un jeu beaucoup plus friand et conservateur du ballon (tactique du tiki-taka chère à Guardiola), le Bayern donne l’impression de moins forcer. Mais les buts sont là, les résultats aussi. Et on verra bien en Ligue des Champions l’année prochaine où il rencontrera le néo-Arsenal en huitièmes, transformés depuis 2013, en tête de la Premier League. Les munichois ont déjà 7 points d’avance sur le Bayer Leverkusen, 12 sur le troisième, et surtout 13 sur le grand rival et finaliste la saison dernière de la C1, le Borussia Dortmund. Avec un match de retard. Avec une équipe sans cesse mouvante où l’on explore à chaque fois le potentiel de plusieurs associations. Avec encore une nouvelle saison à records (d’invincibilité notamment, toujours en cours). Avec des joueurs toujours aussi morts de faim. Et avec bien d’autres choses.

             Ils sont favoris à leur propre succession. Qui a dit qu’ils ne visaient pas un deuxième triplé consécutif ? Aujourd’hui, tout est dans la main du Bayern : cinq as. Cinq… Mais honnêtement gagnés.

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Antoine Le Grix.

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