Lauren Bacall – La Femme Modèle

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Lauren Bacall, par imdb.com

                Le hasard. Hollywood cherchait désespérément sa nouvelle icône mondiale, quand il la trouva grâce à la femme du réalisateur américain Howard Hawks (bio express dans les premières lignes de cet article), qui appréciait un beau jour de mars 1943 son joli minois sur la couverture du magazine Harper’s Bazaar.

                Projetée sur le devant de la scène grâce à Hawks et à seulement dix-neuf ans, face à l’imposant Humphrey Bogart (voir Rubrique Cinéma) dans « Le Port de l’angoisse« , Lauren Bacall affiche d’abord moue (préférant jouer une autre montagne, Cary Grant), puis appréhension. Car terrifiée, elle gardait la tête baissée, presque collée à son menton pour cacher ses tremblements, et ne relevait les yeux que pour déclamer une tirade face à son partenaire. Ainsi commença le mythe de celle qu’on surnomma depuis cet incident « The Look » (« LE Regard »)…

                Tournant plusieurs fois avec celui qui partagea sa vie en dehors des écrans, délaissons un moment son partenaire, sa vie intime et le film noir. Rassurez-vous, l’apologie de ces termes dont on ne peut se passer quand l’on évoque Lauren Bacall est dressé dans cet article connexe : http://www.citemusport.com/humphrey-bogart/ .

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Débuts de Lauren Bacall aux côtés d’Humphrey Bogart dans « Le Port de l’angoisse » (1944) d’Howard Hawks, par linternaute.com

                « La Femme modèle« , comédie de Vincente Minnelli (« Designing Woman », en VO), permet en effet en 1957 à Bacall de quitter son image sombre et trouble, que lui faisait porter le polar américain avec la quadrilogie dans laquelle elle joua avec Bogart (« Le Port de l’angoisse« , « Le Grand Sommeil » (voir Rubrique Cinéma), « Les Passagers de la nuit« , et « Key Largo« ).

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Affiche du film « La Femme modèle » (1957), de Vincente Minnelli, par carmadou.blogspot.fr

                Sa pétillance atteint ici son apogée. Jouant une femme énergique, enjouée et « surbookée » par son travail dans la mode, elle rencontre en vacances le séduisant Gregory Peck, commentateur de boxe. Fous amoureux, mariage consommé, la rentrée est un brusque réveil pour le couple : ils comprennent en effet qu’ils viennent de milieux diamétralement opposés. Comment supporter l’atmosphère lourde, pesante et électrique des matchs de boxes, ou faire semblant d’apprécier des dîners mondains avec des couturiers aux goûts trop abstraits ?

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Lauren Bacall et Gregory Peck dans « La Femme modèle » (1957), par cineday.orange.fr

                Fort de l’Oscar du meilleur scénario original pour George Wells, Minnelli nous offre là un somptueux maelström de quiproquos, dont la scène finale et chorégraphiée permet de réunir ces deux mondes différents ainsi que le couple, qui n’a jamais été aussi brillant quand enfin cessent les disputes. Avec Maxie Stultz (joué par Mickey Shaughnessy), un petit boxeur -qui dort les yeux ouverts…-, ce vaudeville empli de sentiments finit de nous régaler. Un chef d’œuvre de la comédie, pour un chef d’œuvre de couple.

                La longévité de Lauren Bacall au cinéma (comme dans « Dogville » de Lars Von Trier en 2002) permettra de perpétuer la légende jusqu’au plus haut, tutoyant les Katharine Hepburn ou autre Marilyn Monroe : cette dernière lui donnant d’ailleurs la réplique dans le très bon « Comment épouser un millionnaire ? » de 1953. Oscar d’honneur en 2009. Décédée en août 2014, la voix rauque et la classe de Bacall n’ont définitivement pas fini de nous faire rêver…

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Lauren Bacall, par forum.westermovies.fr

Antoine Le Grix.

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