Humphrey Bogart – Le Grand Sommeil

Une vedette Un film

Humphrey Bogart, par toutlecine.com

                Par où commencer cet article? Le duo Bogart-Bacall occupe une place prépondérante dans quatre films, tous aussi marquants les uns que les autres. Le premier, « Le Port de l’Angoisse » (1944), marquant dans l’Histoire leur première collaboration, est suivi deux ans après par un autre chef d’œuvre du film noir, « Le Grand Sommeil ». « The Big Sleep », titre original, voit à sa réalisation en 1946, l’américain Howard Hawks : monument du western et du polar,  mais également multi genre (péplum, comédie, musical, action…), qui se distinguait particulièrement par sa façon d’aborder les plans à « hauteur d’homme », ne voulant les diminuer à la caméra.

Légendaires regard, costume, et cigarette du grand Bogart. Il dira lui-même « les cigarettes sont les clous de mon cercueil »… , par beingsakin.wordpress.com

                Adapté du roman de Raymond Chandler au titre éponyme de 1939, mettant en scène le détective Philip Marlowe (en hommage au dramaturge Christopher Marlowe sous l’ère élisabéthaine), cet écrivain américain de romans policiers eut une influence considérable sur le cinéma hollywoodien et ses intrigues policières. « The Big Sleep » se distingue notamment par un fait d’une grande performance : l’incompréhensible scénario… Hawks, qui bloquait sur certains points, somma aux scénaristes de demander à Chandler, à un moment de l’histoire, « s’il y avait assassinat ou suicide ? ». Celui-ci répliqua qu’il n’en savait rien non plus ! Le scéna, de William Faulkner, Leigh Brackett et Jules Furthman, a par ailleurs été écrit par ces trois parties séparément, sans qu’elles se concertent. Simple.

                Car en effet, la performance du film repose là-dessus. Intrigue complexe, qui pourtant captive jusqu’au bout les spectateurs, pour une bonne raison : le couple Humphrey Bogart-Lauren Bacall. Egalement ensemble sitôt oublié la caméra, ils étaient considérés comme l’alchimie hollywoodienne la plus mythique ; deux stars, exemplaires, qui ne seront séparés tragiquement que par la mort de Bogart en 1957.

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Lauren Bacall (à gauche) et Humphrey Bogart, dans « Les Passagers de la nuit » (1947), de Delmer Daves, par fr.academic.ru

                « Bogie », comme il était surnommé affectueusement par ses fans, dégageait une force inimitable par sa nonchalance, son geste machinal (lâchez un sourire, quand vous le voyez se gratter le lobe de l’oreille droite à chaque film, ou presque), son rictus de dérision perpétuel. Né en 1899 à New-York, « La Grande Evasion » (1941, de Raoul Walsh), « Casablanca » (1942), ou encore « Le Trésor de la Sierra Madre » (1948, de John Huston), sont régulièrement cités comme ses grands films. Cependant, dans l’inconscient collectif, il est irrémédiablement affilié à son image de détective, enserré par son imper beige et son chapeau. Par son physique fripé, aux orbites se creusant dans le paroxysme du dénouement, il restait sombre et caverneux mais un sourire carnassier aux lèvres, plaisant tant aux femmes…

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Bogie et le regard sombre, par the100.ru

                Dans « The Big Sleep », la scène d’ouverture officie sur l’arrivée du détective, dans une serre étouffante appartenant à un riche général ; où notre héros transpire à grosses gouttes. Ses filles, elles, deux orchidées vénéneuses, feront leur apparition tour à tour… L’une nymphomane et victime (oh la belle tirade revenant sans cesse : « you’re cute. », s’adressant à Bogie !), l’autre prudente, calme et trouble. Cette deuxième, incarnée par Bacall, nous offre un jeu incessant avec le détective -privé, of course-, en nageant entre innocence et magouilles d’autres truands.

Lauren Bacall (à gauche), pensive et donnant la réplique à Bogie dans « Le Grand Sommeil » (1946), par paperblog.fr

                Son improvisation faisait son mystère, rien n’était trop prévu et trop carré ; ou le charme disparaissait. Son franc-parler en imposait, à l’industrie du cinéma de l’époque… Retenons cette phrase : « Ce que je pense des sports ? Il m’est arrivé de jouer au football chez John Huston [grand réalisateur américain de l’époque, ndlr], avec un pamplemousse. Il était deux heures du matin et nous étions fins saouls », qui caractérise bien notre affection pour lui.  Ce même Huston, qui lui fit remporter dans son film « L’Odyssée de l’African Queen » en 1951 l’Oscar du meilleur acteur, aux côtés de Katharine Hepburn. Plus grande star masculine de tous les temps au classement AFI, on vous dit.

« The Look », par doctormacro.com

Antoine Le Grix.

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